Le 20, petit retour aux RIP en direction du Capitole, lieu improbable au bord de la ruine en lisière du quartier de la Roquette.

Au premier étage, quel plaisir de pouvoir admirer en grand format une dizaine de photos tirées du travail d'Ambroise Tézenas. J'avais déjà pu me réjouir l'œil et l'esprit en regardant Pékin, théâtre du peuple lors de sa sortie, perturbée par ses belles photos denses et sombres obtenues à la chambre. Mais elle méritaient bien d'être tirées en grand.

tezenas

Quelques bouts de photos d'une ville disparue, quelques bouts du Capitole en train de me tomber sur la tête...

Les photos des ruelles (les hutong) ne sont pas meilleures que celles des grands ensembles, mais à mon avis plus émouvantes ; quasiment toutes sont prises de nuit, dans une lumière sépulcrale aux dominantes vertes. L'utilisation de la chambre comme procédé technique prend tout son sens et donne sa force et son silence à chacune de ses vues, par la profondeur de champ qu'elle autorise, le rapprochement des matières des différents plans, l'immobilité et la fantômatisation des passants : on a bien l'impression d'être devant des décors de cinéma abandonnés, tandis qu'à l'arrière-plan trône un building sur-éclairé.

Ce travail fait écho à l'exposition de RongRong et Inri dont je parlais précédemment, mais sur un mode beaucoup plus lourd, sombre.

Et toujours au Capitole, pour rester dans les histoire d'urbanisme, l'exposition proposée par Vu' au rez-de-chaussée est à voir, notamment le travail de Mathieu Pernot consacré à ce qu'on s'est mis à appeler voici quelques décennies les "grands ensembles". Il s'agit d'une combinaison de cartes postales de villes dites "nouvelles" et de cités prises en panoramiques, mises en parallèles avec les dynamitages des barres et tours HLM de ces dernières années, effondrement d'une utopie dont on se demande aujourd'hui dans quel esprit bizarre elle avait bien pu naître. Travail intéressant et dérangeant.


pernot

... la suite dans la 3e partie.